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La contention physique est-elle parfois indiquée pour un malade d’Alzheimer ?
En quoi consiste la contention physique ?
Elle consiste à immobiliser une personne :
- afin d’éviter une chute ou un déplacement perçu comme étant à risque
- afin de réaliser un soin
- pour contenir un épisode d’agitation ou une déambulation incessante
La personne est alors attachée en position assise ou alitée.
Des barrières peuvent être disposées sur les côtés du lit.
Il arrive encore que l’on enferme à clé la personne dans sa chambre.
La contention physique n’est donc pas une pratique anodine. Elle est contraire au droit fondamental d’aller et venir et au respect de l’autonomie.
Peut-elle cependant être pratiquée pour le bien de la personne ?
La contention physique comporte des risques
Maintenir par la force une personne immobile, même si cet acte est pratiqué pour assurer sa sécurité, peut avoir des conséquences négatives.
Cela peut inciter la personne à des comportements dangereux : passer par dessus ou sous les barrières, s’étrangler avec le linge qui l’attache.
La contention interdit pratiquement toute activité, toute rencontre et accroître l’ éloignement de la personne.
Elle peut par ailleurs entraîner une agitation, manifestation de refus de la privation d’ autonomie.
Autrement dit, le remède peut être pire que le mal.
Tout faire pour éviter la contention
Que la personne soit à son domicile ou en institution (EHPAD, hôpital...), la contention ne peut jamais constituer une solution de première intention. Professionnels et famille ont intérêt à d’abord analyser les causes d’un risque avéré ou potentiel :
- causes matérielles : environnement rendu dangereux par l’ameublement, les tapis… ; inadaptation des chaussures ou des vêtements…
- causes médicamenteuses
- causes psychologiques : mal-être et souffrance morale de la personne
Chacune de ces causes peut donner lieu à une amélioration de la situation.
Quand une contention peut-elle être indiquée ?
La contention n’est légitime que si elle est pratiquée dans l’intérêt de la personne, ce qui signifie que l’on aura épuisé toutes les solutions moins offensives et que le bénéfice escompté sera supérieur au risque encouru.
Ce peut être le cas :
- après une intervention chirurgicale (fracture du col du fémur par exemple)
- pendant la réalisation d’un soin
- en cas d’agitation si cette agitation a été durable et a provoqué un épuisement de la personne.
Qui décide de la contention et selon quel protocole ?
Les modalités pratiques de la mise en œuvre d’une contention sont définies précisément dans un texte officiel.
La contention physique relève du soin. Elle fait donc obligatoirement l’objet d’une prescription médicale écrite et motivée.
Sa durée est limitée et précisée par écrit. Elle doit être réévaluée au moins une fois par jour afin d’estimer si elle est toujours nécessaire et si ses conséquences ne nuisent pas à la personne.
Une information nécessaire de la personne concernée
La personne doit être informée de ce soin malgré la difficulté d’obtenir son consentement et sa compréhension incertaine de la situation. Prendre le temps d’en expliquer et réexpliquer les raisons est une composante essentielle du processus et du maintien du lien avec la personne.
D’une manière générale, l’accompagnement relationnel de la personne est indispensable pendant toute la durée de la contention qui demeure un acte d’atteinte à la liberté.
Une information nécessaire des proches
Plusieurs cas peuvent se présenter :
- Les proches ou certains d’entre eux peuvent être eux-mêmes demandeurs de contention, par peur d’une chute éventuelle. L’équipe soignante, si elle estime cette demande inadaptée, peut se trouver en situation de refuser cette demande.
- Les proches ou certains d’entre eux peuvent au contraire être opposés à la contention décidée par le médecin.
Dans les deux cas, seuls l’information et le dialogue avec la famille peuvent permettre à l’équipe soignante de justifier la décision prise et d’en expliquer les modalités pratiques.
Quelles précautions ?
Dans tous les cas, la mise en œuvre de la contention s’accompagne de précautions essentielles :
- Assurer le respect de l’intimité de la personne et sa dignité
- Rechercher sa sécurité et son confort en choisissant au mieux le matériel (gilet…) et le lieu (lit ou fauteuil, chambre ou lieu collectif)
- Préciser le temps de présence des soignants : stimulation régulière de la mobilité et prévention des escarres.
Des interdits absolus :
- Contenir la personne avec un matériel détourné de son usage ordinaire : draps de lit, vêtements, fauteuil coquille…
- Maintenir une personne dans une chambre fermée à clé
De jour comme de nuit, une telle pratique ne constitue en rien une forme de soin mais au contraire de maltraitance. Elle accroît l’angoisse et l’isolement de la personne et entraîne une aggravation de son état.
D’une manière générale, une plus grande tolérance à l’égard des comportements inhabituels, un ratio de personnel suffisant, la formation des professionnels et des familles, une politique d’amélioration des soins permettent de réduire considérablement le recours à la contention physique.
France Alzheimer 89
Groupe de réflexion éthique composé de familles et de professionnels
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